Cécile Hernandez témoigne de son handicap sur un plateau de télévision MCS Extrême en 2013.
Cécile Hernandez : j'ai trois coupes d'Europe à mon actif et aux championnats du monde, finaliste avec des grosses chutes donc en finale mais des trucs géniaux..
L’animateur : vous étiez quand même ça c'est que le début à savoir. Il faut voir après. Euh je suis assez impressionné. On me dit dans l'oreillette qu'il faut que je vous tutoie. En fait est-ce que je peux te tutoyer ?
La journaliste : c'est parce que je suis là. Jamais vous ne vouvoyez. Il n’a jamais vouvoyé un invité depuis la saison. C’est parce qu'il est sous le charme. Et là je suis sous le choc.
L’animateur : Je ne sais pas ce qui se passe on va se dire tu.
Cécile Hernandez : oui. On va se dire tu.
Je disais femme hyper active. Vous créez une société d'événementiel vous avez une marque de textile même 66. Il y a eu des bouquins on en parlera après avec Raphaëlle. Et alors il se passe quelque chose dans votre vie il y a une date qui est un peu marquante, qui est même très marquante c'est le 21 octobre 2002.
Cécile Hernandez : C'est ça 21 octobre 2002 lundi matin je me lève comme on le fait chacun tous les matins et je pose mes jambes sur le sol et là je tombe et je ne me relève plus. Je suis cloué sur le sol, je suis cloué sur le carrelage je ne sens pas le froid du carrelage et je ne sens plus mes jambes. Effectivement je me relèverai plus pendant cinq mois. Au bout de quatre jours, on me diagnostique une maladie qui est très grave et dégénérative qui est la sclérose en plaques.
L’animateur : alors qui est une maladie des nerfs
Cécile Hernandez : En fait sans entrer dans les détails, alors pour schématiser le truc le cerveau et la moelle épinière sont entourés d'une substance blanche qui conduit en fait toutes les informations et les commandes au corps, aux yeux, aux différentes parties motrices et dans le cas de la sclérose en plaques et bien cette substance se détruit c'est le cas, c'est ce qui m'arrive.
L’animateur : c'est parce que là quand on vous voit aujourd'hui. Vous avez l'air en pleine forme. Enfin vous êtes handicapé mais il y a des paliers dans cette maladie et aujourd'hui on ne se doute pas du tout que vous êtes dans cet état-là.
Cécile Hernandez : on ne s’en doute pas alors que bon voilà ayant été un sportif de haut niveau, j'ai toujours été habitué à conjuguer avec mon corps et lui apprendre à gérer à ce qu'il réponde à des sollicitations pour amener ma carrière et là du jour au lendemain se retrouver avec un corps qui ne répond plus et c'est le drame et je me souviens bien parce que ces choses qui marquent c'est la première des questions que j'ai posées à mon médecin. Je lui ai demandé mais est-ce que je vais remarcher un jour quand on m’a déjà annoncé sa maladie. Il m'a dit il se peut que vous ne remarchiez jamais.
L’animateur : vous avez remarché mais il se peut très bien que voilà que vous ne remarchiez plus. Donc évidemment vous n'êtes pas la seule dans ce cas-là
Cécile Hernandez : il y a 80 milles malades en France. Un cas toutes les quatre heures est diagnostiqué
L’animateur : 80 mille malades et du coup on le disait tout à l'heure. Vous vous pro-autoproclamez ambassadrice euh. .. Là vous êtes et on est dans la semaine du handicap et des personnes handicapées au travail. C'est pour ça aussi que vous êtes là.
Expliquez-moi comment vous avez décidé de passer de l'anonymat enfin de l'anonymat en tout cas en ce qui concerne la maladie et à être devant et prendre la parole pour ça.
Cécile Hernandez : alors c'est une star de télé en fait. Je suis journaliste l'une de ses journalistes chez dans le sport il lundi dans le handisport. Et cet été j'ai passé un casting pour devenir chroniqueuse et à la prod le directeur de la production m'a dit voilà ton profil m'intéresse. C'est top je paie, des pénalités parce que justement par rapport à l'emploi des personnes handicapées. Dans chaque entreprise de plus de 20 salariés, il peut y avoir 6 % de travailleurs handicapés donc cette personne-là venait de payer une grosse amende parce qu'ils n'avaient pas de chroniqueurs issus de la diversité du handicap. Et la même il dit ton profil m'intéresse mais donnant-donnant on fait un truc tu te remets dans un fauteuil roulant pour animer la chronique forces. Et j'ai dit au secours et j'ai dit non parce que contrairement à ce que tout le monde peut penser le handicap le fauteuil roulant ne représente que 2% des personnes handicapées en France le 2 le que c'est un euphémisme et 2% des personnes handicapées sont dans un fauteuil roulant les aveugles ce n'est que 3% alors que dans l'imaginaire commun c'est le fauteuil roulant la canne blanche.
L’animateur : et alors pour comprendre, il y a combien de personnes qui souffrent d'un handicap invisible alors en France
Cécile Hernandez : aujourd'hui il y a 10 millions de personnes handicapées en France et sur ces 10 millions. 80 % qui ont un handicap invisible.
L’animateur : d'accord et donc le handicap invisible donc c'est cette une personne sourde, c’est euh…
Cécile : Ce n’est pas que, c'est là que vous avez une personne qui est
amputée et donc il y a eu un grand champion d'athlétisme qui a fait les faits divers un ami du 14 février qui est double amputé tibial et en fait il met ses prothèses parce que maintenant il y a des gros progrès dans la technique. Il met ses prothèses et un pantalon il sort dans la rue. C'est un handicap. Mais au-delà de ça le handicap invisible, c'est les sourds bien entendu, c’est le diabète, c'est toutes les maladies chroniques les maladies de dos, la spondylarthrite ankylosante. Plein de choses. il y a énormément de choses le sport tu apprends l'abnégation l’envie de se dépasser et quand tu as un handicap qui fracasse la porte d'entrée de ta vie. Tu as envie te dépasser même si moi j'étais dans le déni. Moi j'étais au ras des pâquerettes. Tant que j'étais dans le déni de ce handicap envoyé dans un fauteuil roulant pendant des années on me disait c'est un accident de sport je disais comme ça j'ai
(Cécile haussant les épaules et en baissant les bras comme si elle était résignée à cette idée lors de cette période).
Donc, je ne mentais pas mais je ne disais pas tout parce que j'avais honte parce que je ne me représentais pas dans l'image du handicap qu'on pouvait se faire la personne moche négligée machin inactive
L’animateur : pas de déni, l’acceptation
Cécile Hernandez : déni, colère, l'acceptation et ensuite reconstruction